Des chercheurs de l’EPFL ont dessiné la première carte du monde montrant les zones les plus à risque d’épidémies causées par le virus de l’hépatite E. Cet outil doit permettre aux gouvernements et aux ONG de baser leurs mesures de prévention sur des données scientifiques.

Pour créer leur carte, les chercheurs ont introduit les données géographiques et épidémiologiques de toutes les épidémies d’hépatite E enregistrées depuis 1980 dans le monde jusqu’à ce jour. A l’aide du machine learning, ils ont ajouté à ces données les variables environnementales incluant par exemple pour chaque région du monde les températures, l’humidité du sol et les précipitations de ces quarante dernières années. A ce set d’information, les chercheurs ont encore introduit des chiffres sur la densité de la population et «l’évapotranspiration», soit la quantité d’eau qui s’évapore des rivières à la suite d’épisodes de sécheresse. Ce phénomène était ici pertinent, car il peut concentrer la présence des pathogènes intestinaux dans l’eau qui sera ensuite utilisée pour la cuisine, l’hygiène ou encore, les rites religieux par l’homme.

« Notre étude permet d’affirmer que les zones à risques se situent dans les régions ou la densité de la population est forte, là où il y a des pluies saisonnières, et où l’évapotranspiration est élevée », explique Anna Carratalà, collaboratrice scientifique au Laboratoire de chimie environnementale de l’EPFL. « Augmenter artificiellement le débit fluvial lors des périodes de l’année les plus chaudes et les plus sèches pourrait par exemple réduire ces risques. »

Résultant d’un grand travail de synthèse de données déjà en ligne, la publication de l’EPFL n’est pourtant qu’une étape vers des mesures de préventions plus ciblées dans les régions identifiées comme les plus à risque, précisent les chercheurs. Leur carte montre par exemple l’urgence d’agir dans le nord de l’Inde. Anna Carratalà indique dans ce cas la nécessité d’ajouter à leur set d’informations la concentration annuelle des virus d’hépatite E dans les eaux du Ganges et le nombre de cas d’hépatite enregistrés dans les hôpitaux de la région afin de déterminer plus clairement l’influence des facteurs environnementaux sur l’émergence d’épidémies d’hépatite E.

Dans un nouveu projet, les chercheurs vont comparer l’effet des activités humaines sur la présence de l’hépatite E et d’autres polluants – à l’instar des gènes de résistance aux antibiotiques – dans les eaux du Rhône, sur territoire suisse avec celles du Ganges, en Inde.

 

Référence : pour accéder au communiqué, cliquez ici.

L’équipe de rédaction Tempo Today

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