Une équipe de chercheurs dirigée par Alliric Willis, chirurgien de la thyroïde, constate que près d’un quart des patients atteint de cancer de la thyroïde à faible risque est traité plus que nécessaire. La pratique comporte un risque potentiel à long terme pour le patient et des coûts financiers supplémentaires.

Cette découverte pourrait aider à changer la façon dont les médecins traitent les patients atteints d’un cancer de la thyroïde.

Le traitement typique du cancer de la thyroïde qui ne s’est pas propagé à d’autres parties du corps commence par l’ablation chirurgicale de la glande. Une fois l’intervention chirurgicale terminée, les patients peuvent ensuite recevoir un traitement oral à l’iode radioactif pour tuer les cellules cancéreuses qui subsistent.

Les experts estiment que le coût financier de l’ablation à l’iode radioactif dépasse 9 millions de dollars par année dans l’ensemble du pays. De plus, pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la chirurgie, les patients qui reçoivent le traitement à l’iode radioactif doivent rester loin des jeunes enfants et des animaux domestiques. « Ils sont pratiquement isolés parce que la radioactivité sera sur leurs vêtements et sur leurs draps », dit le Dr Willis. La dose de radioactivité dans le traitement est si élevée que la sécurité aéroportuaire a détecté de la radioactivité chez les patients ainsi que chez leurs conjoints. Le traitement comporte également un risque d’effets secondaires permanents à long terme tels que la modification de la perception gustative et le développement d’autres cancers, notamment la leucémie. En outre, les patients atteints d’un cancer de la thyroïde à faible risque ne tirent aucun bénéfice de ce traitement additionnel en termes de survie.

Les chercheurs ont analysé plus de 32.000 cas de cancer de la thyroïde. Environ 25% des patients à faible risque ont reçu un traitement à l’iode radioactif. Selon l’étude, les patients de moins de 65 ans, les hommes et les patients hispaniques et asiatiques étaient les plus à risque de surtraitement. Chez certains patients à faible risque, les ganglions lymphatiques ont été enlevés en plus de la glande thyroïde, même lorsque le cancer ne s’était pas étendu aux ganglions lymphatiques.

Le Dr Willis espère que la recherche de son équipe sensibilisera au fait que certains patients sont à risque de surtraitement. « Je pense que cela rendra les gens plus soucieux de suivre les lignes directrices recommandées avec tous les patients afin que nous puissions donner à chaque patient le traitement le plus efficace et obtenir les meilleurs résultats possibles », conclut-il.

 

Référence : pour accéder à l’abstract, cliquez ici.

L’équipe de rédaction Tempo Today

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